FAITS CONTRE FAITS

RECUEILS







ROYAUME D'EXIL



(Extraits)













L'eau courante et le vent construisent nos destins.
Seigneur d'un royaume inconnu, j'ai vécu bien des lustres avant de découvrir que j'avais une terre. Les chemins d'ignorance m'ont conduit jusqu'à elle. Les voiles se sont écartés, j'aperçois le foyer.

Révélation, conquête, je ne saurais trancher.

L'Ultime est le royaume où le ciel alterne les chauds froids du printemps dont les ris et les pleurs parlent à mon âme. Cette terre qui se donne et conquiert son seigneur, ne s'abandonne pas.

Tu es mon royaume, de présence et d'exil.




















 

Je vis dans la douleur du sens absent,
Propriétaire de souvenirs étranges
Sans élans d'avenir,
Ballotté dans l'Odyssée vitale.

Je tisse ma cathédrale de foi et d'exil
Espoir à construire
D'une possible et improbable lumière.

L'absence de la déesse signe
Sa présence vivante,
Graine porteuse d'un rêve de fleurs.

Alice au double miroir,
Ariane de lumière au fil de joie,
Arbre ancestral et vin vieux,
Tu es le désir de vie aboutie.



















 







La pelote d'absence lancée,
Journée fulgurante et inexorable,
La feuille en son hiver
Nourrit le désir du papillon.
L'âme irradiante éclaire les temps d'éclipse.

Elle offre l’ombre aux pierres du chemin.
Il conduit, passant sans avenir et porte

l’inconnu.























 

Encore une fois le fleuve se retire
Sur une promesse informulée
De crue féconde.

Il reste à
Planter l'espoir.
Aux berges du temps,
Cultiver le soleil
Sans craindre la pluie.
Moissonneur d'inutile
Espérer que la germination
S'accomplisse sous la glace.

Il reste à
Respirer le flux montant.
Aux bouées des appels,
Amarrer l'esquif d'angoisse
Pour retenir le flot.

Il reste à
Désirer la mer pleine.



















 


Isis et Osiris
Rassembler l'essentiel
Brûler les oripeaux qui furent les vêtures
Agglomérer le beurre changeant
Au banquet vespéral.

Aveugle, au chemin de Damas,
Se retourner et sans craindre l'errance
Déduire le sillon à venir.























 

Franchis, un à un, les voiles de la fatigue,
Linge trop sec, je me fripe.
L'espace molletonné m'envahit
D'abord par le trop plein des oreilles.
Trompé par ce flot libéré
L'esprit n'est plus qu'une éponge
Exprimant l'absorbé,
Apparence de pensée.
Cette asphyxie entraîne à se laisser flotter
Entre deux renoncements.

Dans ce tourbillon qui ressemble au cloaque,
Reste heureusement
L'amer d'une lumière lointaine.
L'amour, le souvenir et l'espoir mêlés
Me guident dans ces temps cotonneux.



















 







Et quand le fleuve vole la présence vitale,
Donner la fraîcheur à son flot
La touffeur à sa vase
Ne bâtit pas l'instant pérenne.

Par delà les gouttes du temps,
Garder le souvenir et rendre l'éphémère.
Au cœur du temple obscur entretenir le feu
Aux pieds de la Déesse.























 







Parcelle d'univers,
Météore solaire projeté
Au delà du miroir du miroir.
Anéantis de plénitude,
Impliqués dans le drame d'amour,
Corps et âmes communient
Avec l'ineffable.























 



Il est des temps obscurs,
Peuplés d'ombres anciennes.

Orphée d'un temps nouveau qui vit mourir les Dieux,
Je me retourne et de savoir la peine m'accable.

Nul ne peut alléger le fardeau.
Je ne demande rien.

La lumière me conduit

Je marche vers l'Ultime.
Près d'elle la besace est légère,
La fin des temps n'est rien, elle apporte la paix.

















 


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