FAITS CONTRE FAITS


Onésime MALIBOIS
(1890 - 1931)



Biographie succincte :


Onésime Malibois naquit le 8 mars 1890 à Moulins - Engilbert dans le département de la Nièvre. Le registre paroissial porte trace de son baptême qui eut lieu le 15 mars 1890. Le sacrement lui fut administré par le curé Marceau et son parrain, le vicomte Edmond Engilbert de Fourchaume le tint sur les fonds baptismaux. Sa mère s'appelait Hortense Malibois, fille d'Anselme Malibois, métayer du vicomte. Elle est déclarée comme "journalière" sur le registre paroissial. (Registre paroissial de Moulins-Engilbert ; section IV - A.Dptles. de la Nièvre)

La vie d'Onésime ne commençait guère sous d'heureux auspices ; il faut comprendre qu'il était le fils naturel d'une ouvrière agricole, bonne à tout faire, payée à la journée et qui avait probablement été engrossée par son "maître" le vicomte Engilbert, petite noblesse mais grosses propriétés agricoles sur la commune de Moulins - Engilbert et les communes environnantes au pied du Morvan.

On sait peu de chose de sa petite enfance.

Son bac en poche, il "monte" à Paris, où il est hébergé par un oncle maternel, Victor Malibois.

Jusqu'à sa conscription puis sa mobilisation en 1914, Onésime pour survivre remplit et cumule divers emplois en particulier celui de correcteur - et simultanément de "pigiste" dans divers journaux, qui lorsqu'ils sont des journaux d'opinions ou satiriques sont ancrés à gauche.

Cette collaboration connaîtra des fluctuations, elle sera interrompue par la guerre et contrainte par la censure. Dès sa démobilisation, pour cause de blessure (il fut atteint par les gaz dans sa tranchée), il renouera très vite et sera toujours fidèle au milieu du journalisme.

C'est probablement là que se forgent - à moins qu'elles ne trouvent à s'exprimer - ses convictions idéologiques : humaniste, hostile à l'autoritarisme sinon anarchiste, pacifiste, féministe convaincu, il défend l'émancipation du genre humain sans pour autant jamais s'inscrire réellement comme le militant d'une cause ou d'un parti. Il craignait bien trop l'enrégimentement d'où qu'il vienne.

C'est aussi grâce à ce milieu qu'il sera conduit à fréquenter les avant-gardes littéraires et picturales. Il réalisera une sorte de synthèse de tous ses centres d'intérêt en étant créateur d'affiches publicitaires.

Pendant la Grande Guerre, il est incorporé dans un des régiments qui se rebellera contre "la grande boucherie". Gazé, il est évacué peu avant les "mutineries" et échappe ainsi à la décimation. Nul doute que présent au front il eût été parmi les révoltés et probablement exécuté. Il gardera de cet épisode de sa vie d'une part une santé fragile, d'autre part un farouche antimilitarisme et enfin un caractère encore plus ombrageux. Il écrira peu, mais de manière violente sur ces événements.

A la fin de la guerre, les années de la reconstruction le verront conduire de front des activités de survie (correcteur dans divers journaux et maisons d'édition) et une intense création artistique.

Il nourrit à l'égard de la vie "parisienne" un sentiment double et ambigu de fascination et de répulsion. Il restera le plus souvent au second plan, voire dans l'ombre des plus grands mais participa de manière féconde aux avant-gardes de cette élite créatrice dont la France fut dans les années 20 le creuset prodigue. Ce sont "les Années Folles" !

Courant 1930, fatigué, ayant amassé quelques économies, il se retire dans son village natal où il loue une pièce dans une petite maison de la rue principale. C'est là qu'il meurt, oublié par tous la veille de Noël en 1931.



Cliquer ci-contre ou appuyez sur la touche (début - home) de votre clavier pour revenir en haut de page.

Conception et Photos © 2004 - 2009 JMR pour l'ensemble du site, graphisme, textes et photos sauf mention contraire.